Tout être vivant a besoin de s'alimenter et c'est, dans le cas du chien, à son maître qu'incombe la tâche quotidienne de lui fournir une alimentation parfaitement équilibrée. Une cinquantaine de nutriments sont maintenant connus pour être indispensables au chien, et c'est la réalisation et l'adaptation de ce véritable "puzzle nutritionnel" fort complexe qui va conditionner la qualité de l'aliment.

Protéines (viande, poisson, oeufs), lest (légumes verts), graisses (végétales et animales), minéraux et vitamines vont composer la ration idéale mais la répartition de ces différents éléments va devoir intégrer :

  • le stade physiologique (croissance, gestation/lactation, sport, vieillesse)
  • l'état de santé (la diététique est désormais un plan important du traitement médical des maladies)
  • les conditions de vie

Chaque jour, le chien doit consommer chacun des cinquante nutriments essentiels car il ne peut les synthétiser lui même et que chacun remplit un rôle dans son organisme.

Rubriques réalisées en partenariat avec Royal Canin
Sources : Guide pratique du chien de sport et d'utilité, guide pratique de l'élevage canin, Encyclopédie Royal Canin du chien.

Généralités

Quelque soit la race, un chiot a des besoins énergétiques, en protéines, minéraux et vitamines beaucoup plus important qu'un chien adulte (voir tableau page "Alimentation de l'adulte"). Tout déséquilibre nutritionnel durant cette phase se répercute sur les tissus en formation.

La composition des aliments pour chiots présente donc un certain nombre de caractéristiques communes :

  • densité énergétique élevée
  • grande concentration de tous les nutriments essentiels
  • plafonnement du niveau d'amidon
  • teneur protéique forte (plus de 30 %) et de grande qualité
  • teneur phosphocalcique rapportée à la concentration énergétique et adaptée au potentiel de croissance (entre 1,3 et 1,6 % de calcium et entre 1 et 1,3 % de phosphore).

Le chiot berger allemand

Les chiots de grande race, comme le berger allemand ont la particularité de multiplier leur poids de naissance par 80 et d'avoir une croissance lente qui peut durer environ deux ans. De ce fait, ils sont particulièrement sujets à des troubles de croissance : défaut d'aplombs, déformations osseuses, lésions articulaires...
L'apparition de ces problèmes est largement favorisée par une consommation énergétique trop importante, entraînant une prise de poids trop rapide et une croissance accélérée. Une limitation de la densité énergétique de l'aliment, plus un rationnement correct, permettent de mieux contrôler la vitesse de croissance, et donc de minimiser les risques.

Pour obtenir une croissance harmonieuse et pour prévenir les problèmes pathologiques, votre chiot berger allemand devra être parfaitement alimenté et nourri avec un aliment adapté à sa croissance.

De plus, et au risque de répéter ce concept fondamental : Un chiot ne doit manger ni trop, ni trop peu et ne doit en aucun cas être gavé sous prétexte de lui faire plaisir.
Le nombre de repas devra évoluer avec l'âge, commençant à 4 repas par jour dans les semaines qui suivent le sevrage, pour passer à 3 puis à 2 repas par jour à mi-croissance. Enfin, le chiot devra être pesé régulièrement afin de dépister au plus vite toute anomalie.

 
L'alimentation de l'adulte
     

Généralités

Les principales caractéristiques d'un bon aliment dit de "maintenance" sont de :

  • maintenir un état de santé optimal
  • maintenir le poids de forme de l'animal par une très bonne digestibilité des aliments sans apport excessif de matières grasses
  • favoriser la beauté de la peau et du poil par un enrichissement suffisant en acides gras essentiels, en acides aminés et en vitamines du groupe B

L'aliment devra donc être composé de manière à respecter l'équilibre nutritionnel suivant, tout à fait optimal pour un chien adulte :

  • 25 % de protéines
  • 12 % de matières grasses
  • 5 à 7 % de fibres alimentaires
  • 1,1 % de calcium
  • 0,8 à 0,9 % de phosphore

C'est le besoin nutritionnel du chien à l'entretien qui sert de référence à toutes les évolutions nécessaires dés lors qu'il va être actif, attendre des petits, vieillir ou souffrir d'une maladie.

Exemple de variations du besoin énergétique chez le chien

Entretien

1

Entretien à 0°

1,5

Travail 1 heure

1,1

Travail 1 journée

1,4

Sédentarité

0,8

Fin de gestation

1,4

Lactation

de 2 à 4

Début de croissance

2

Milieu de croissance

1,6

Fin de croissance

1,25

Le berger allemand

Pour un berger allemand , on choisira un aliment à densité énergétique supérieur ce qui permettra de diminuer légèrement le volume des repas, et donc de minimiser le risque de mauvaise digestion. Cette précaution s'inscrit également dans le cadre des mesures préventives de la dilatation-torsion de l'estomac, accident fréquent chez les chiens de grande race. On préfèrera un aliment sous forme de grosses croquettes peu denses ce qui permet de ralentir légèrement l'ingestion

Alimentation du chien Sportif
     

Généralités

Le travail intense et la compétition sont chez le chien inducteurs d'une dépense énergétique spécifique ainsi que d'un stress à la fois organique et psychologique.

Il en ressort que l'adaptation nutritionnelle est nécessaire et se doit de prendre en compte le besoin énergétique quantitatif et qualitatif lié au travail musculaire, mais également les modifications du besoin nutritionnel engendrées par l'état de stress de l'animal.

Globalement, un aliment adapté à un chien de sport ou de travail devra :

 

  • fournir une énergie de qualité optimale en quantités adéquates
  • minimiser le volume et le poids du bolus intestinal ((aliments hyper digestibles et hyper concentrés)
  • aider à maintenir un état d'hydratation convenable à l'animal
  • avoir un possible effet tampon sur l'acidification métabolique éventuellement induite par le travail
  • contribuer à optimiser le résultat d'autres actions érogènes (entraînements...)
  • combler les vides psychologiques induits par le stress
  • être un véritable élément préventif des affections gastro-intestinales liées à l'effort.

Le besoin énergétique quotidien d'un chien qui travaille est certes augmenté par rapport à celui correspondant au simple entretien du même chien, mais il dépend de nombreuses variables et demeure parfois encore difficile à déterminer. L'objectif de chaque utilisateur doit être avant tout de maintenir le poids de forme du chien en le pesant chaque semaine et en adaptant ainsi les quantités d'aliments distribués.

Alimentation du chien âgé
     

Généralités

Chez le chien, comme chez toutes les espèces animales, le processus de vieillissement est particulièrement précoce, et certaines mesures diététiques visant à ralentir ou réduire les effets négatifs de l'âge sont à mettre en place dès l'âge adulte.

Lorsque le chien prend de l'âge, sa masse musculaire tend à diminuer au profit des réserves adipeuses. Son activité physique diminue ainsi que sa résistance aux agents infectieux. Certaines de ses cellules se détériorent progressivement, en particulier au niveau du rein. Tous ces troubles sont en partie dus à une moins bonne utilisation des nutriments.

Le berger allemand

Pour renforcer l'efficacité digestive, il est alors nécessaire de fournir les éléments indispensables (acides aminés, acides gras, oligo-éléments, vitamines) sous une forme plus facilement assimilable. Ces changements apportés à la ration, associés à une diminution plus nette du phosphore et à l'incorporation accrue de vitamine E et C, interviendront vers l'âge de 7 ans chez le berger allemand.

Alimentation de la chienne gestante ou allaitante
           

Pendant la gestation

Si l'alimentation agit peu sur la fécondité, la prolificité et le début de la gestation chez la chienne, il est un facteur prépondérant de la santé des chiots en fin de gestation et surtout, par la suite, lors de la lactation.

Même si l'appétit d'une chienne a tendance à augmenter à partir de la 3ème semaine de gestation, ses exigences nutritionnelles restent relativement stables pendant les 5 premières semaines de gestation tant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif.

Vers la 5ème semaine, il n'est pas rare d'observer une baisse transitoire d'appétit, cette modification étant souvent perçue comme une confirmation de gestation.

A cette date, le développement pondéral et squelettique des foetus commence à prendre une allure exponentielle et conduit à une augmentation progressive des besoins protéiques, énergétiques et, dans une moindre mesure minéraux, de la lice alors que ses capacités gastriques tendent à diminuer. L'apport énergétique de l'aliment doit donc essentiellement tenir compte de la réduction de la capacité digestive et permettre la constitution de réserves glycogéniques des chiots sans pour autant favoriser le dépôt graisseux dans la filière pelvienne maternelle. Les besoins énergétiques totaux de la chienne en gestation cumulent ses propres besoins d'entretien avec les besoins de croissance et d'entretien des foetus.

En fin de gestation, la chienne devra donc être nourrie avec un aliment appètent, de haute densité énergétiques et de bonne digestibilité qui sera distribué de préférence en plusieurs petits repas répartis au cours de la journée.

Pendant la lactation


Contrairement à la gestation, la lactation provoque un accroissement considérable des exigences nutritionnelles. L'objectif prioritaire au cours de cette période est de fournir une alimentation qualitativement et quantitativement satisfaisante à la mère pour qu'elle puisse couvrir les besoins de croissance de sa portée sans s'affaiblir elle même.

Au cours de la lactation, il importe de fournir à la lice un aliment très appétant et dont la densité énergétique élevée lui permettra de couvrir ses besoins énergétiques sans représenter un volume indigeste.

Pour y parvenir, un aliment hyper-digestible apportant 30 % de protéines, 25 % de matières grasses et environ 4500 Kcal/Kg convient parfaitement à la plupart des chiennes allaitantes. Il est également conseillé de laisser cet aliment en libre service pendant la lactation à condition qu'il ne représente pas de risques d'altération ou de pollution par les excréments.

En résumé, le choix d'un aliment "lactation" doit tenir compte des critères suivants :

  • de l'appétence de la ration
  • de la digestibilité qui permet une bonne assimilation de la ration en un volume raisonnable
  • de la valeur énergétique élevée qui oriente les choix vers une alimentation sèche
  • de la qualité et quantité des protéines indispensables pour le développement squelettique et musculaire des chiots
  • des niveaux de calcium, de magnésium et de vitamine D pour limiter les risques d'éclampsie (crises convulsives pendant la lactation).

     

 
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